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MessagePublié: 21 Fév 2016 16:53 
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Bonjour à tous,

Le jour même de la conférence je n'étais pas sûre d'y aller. Finalement j'ai pu assister à la conférence. J'ai donc effectué un petit compte-rendu pour que vous puissiez aussi bénéficier des informations qui ont été partagées.
J'ai rédigé ce matin la première partie de la conférence.
J'esperes pouvoir publier la seconde partie sous peu.

Compte rendu de la conférence de LYME SANS FRONTIERE DU 20/02/2016

DEROULEMENT

-Introduction effectuée par la présidente de LSF, Marie-Claude P, annoncement du déroulement de la conférence
-Première partie : exposé de Mr T, médecin généraliste, immunologiste et infectiologue dans la capitale, spécialisé depuis une dizaine d’années dans la maladie de lyme et les MVT.
Ancien collègue du profeeseur P à G et ancien directeur de recherche de l’Institut Pasteur de la capitale.
-Deuxième partie : exposé de Mr F, généraliste et homéopathe (spécialisé homéopathe depuis 25 ans) dans le Centre, ancien médecin de l’ouest Parisien. Lymé chronique en « guérison » (déclaration de la maladie en 2008).
-Troisième partie : Questions/réponses menée par les trois intervenants, ponctuée par une conclusion générale.

PREMIERE PARTIE : INTERVENTION DU DOC T

La maladie

La maladie de Lyme est due à un type de bactérie : la Borrelia.
Cette bactérie contient 853 gènes et 21 plasmides (molécule d’ADN distincte de l’ADN chromosomique, capable de réplication autonome et non essentielle à la survie de la cellule), d’où de telles résistances et capacités d’adaptation.
Elle est dotée d’un petit flagelle pour pouvoir se déplacer dans l’ensemble de l’organisme.

Il existe une réversibilité vers la forme spirochétale (d’où les rechutes épisodiques).

Les chercheurs Français dénombrent 30 souches de borrelies différentes sur le territoire. Il en existe des différentes dans les pays voisins (Espagne, Italie, Allemagne…) et dans le monde.
La plus connue et répandue étant Borrelia Burgdorferi découverte par Willy Burgdorfer aux USA dans la ville de Lyme dans le Connecticut.

La maladie de Lyme se décompose en 3 stades :

-La phase primaire, dite « aigue », caractérisée par la présence non systématique d’un érythème migrant. Souvent, la personne développe durant ce stade un syndrome pseudo grippal. Mais ce stade peut très bien passer totalement inaperçu.
-La phase secondaire : lorsque la phase primaire n’a pas été, ou insuffisamment, traitée. Apparition de symptômes divers et variés (dépression, fatigue, douleurs, baisse de la vision, troubles cardiaques…)
-La phase tertiaire dite chronique : envahissement insidieux de l’ensemble de l’organisme. Ce stade se caractérise principalement par la défaillance du système immunitaire, et donc la présence et la manifestation de nombreuses co infections mais aussi d’infections opportunistes.

Principal agent vectoriel : la tique

La tique (ixodes scapularis) de la famille des arachnides acariens évolue sur plusieurs cycles de vie : oeufs→Larve→Nymphe→Adulte (mâle ou femelle).
Elle peut piquer les mammifères (dont l’homme) et même autres animaux (ceux à sang froid par exemple) à n’importe quel cycle, grâce à son rostre.

Le consensus de 2006 et l’enseignement effectué en école de médecine évoquait le rarissime des tiques en France, se limitant seulement à certaines régions de l’Est. Enseignements qui reste inchangée à ce jour !

Les tiques se trouvent partout et ne se limitent pas aux régions proches de l’Allemagne.
25% des tiques Sont infectée par Borrelia
35% des tiques sont infectées par d’autres pathogènes.
En clair, 60% des tiques sont infectées dont 35% Co infectées (Babésdia, anaplasma, Ehrichlia…) et 25% infectées par une ou plusieurs Borrelies.
L’un n’exclue pas l’autre : souvent les patients Lyme sont atteints de co infections.

Les tiques sont plus infectées qu’avant.

Autres voies et formes de contamination

La tique n’est pas le seul vecteur de la maladie de Lyme. D’autres insectes sont impliqués (puces, aoutas, certaines araignées, certains moustiques…).

Quant aux autres voies possibles de contaminations, « il y’a plusieurs écoles ».

-La voie materno fœtal : il est possible qu’une femme enceinte ayant été contaminée lors de sa grossesse transmette les bactéries au fœtus. Il a en effet été démontré que les bactéries traversent sans problème la barrière placentaire.

-La voie sexuelle. Cette hypothèse fait polémique car plusieurs études ont démontré que lorsqu’une personne est affectée, son ou sa partenaire l’est aussi. Certes la borrelie est présente dans tous les fluides corporels (sang, lymphe, secrétions sexuelles, larmes, salive…), mais cela ne veut pas dire que cette voie contamine (exemple du virus du SIDA présent dans la salive et les larmes mais ne pouvant contaminer par cette voie-là). Il ne faut pas devenir paranoïaque et s’arrêter « de vivre » !

-La voie par transfusion sanguine. Cette hypothèse est à envisager avec beaucoup de recul et de critique. Il faut savoir que les borrélies sont très sensibles à la chaleur, d’où le fait que la maladie ne se développe jamais chez certains animaux dont la température du sang est assez élevée.
Le sang transfusé passant par des procédés de centrifugation impliquant des températures bactéricides, il y’a peu de risque que la contamination se fasse par cette voie.

Diagnostic paraclinique: Pourquoi de tels problèmes?

Plusieurs raisons expliquent les 70% de faux négatifs au test ELISA :

-La précocité du test.
Aucun intérêt d’effectuer un test juste après une piqure car les anticorps sont susceptibles d’apparaitre seulement au bout d’un à deux mois (soit 4 à 8 semaines) en l’absence de tout traitement antibiotique.

-La double résistance des bactéries. Elles sont capables de se cacher des antibiotiques mais aussi de déjouer le système immunitaire en pénétrant dans les cellules (forme intracellulaire), en se regroupant pour former une couche ultra résistante (bio films), en s’enkystant (forme kystique). Le système immunitaire est « bluffé » par les bactéries et ne produit donc pas d’anticorps spécifiques.

-Les seuils de positivité du test : La maladie étant classée rare par les autorités sanitaires, les test ont été calibrés de tel sorte à ce que le nombre de positifs reste minime.

Et le Western Blot alors ?

C’est une méthode légèrement différente. Au lieu de rechercher le nombre d’anticorps contre la bactérie (méthode quantitative), le WB indique les anticorps contre des protéines spécifiques des borrelies (méthode qualitative). C’est donc un test plus spécifique de la maladie de Lyme.
Le western Blot recherche les IgG (anticorps anciens) et IgM (anticorp d’infection récente et/ou en cours).

Attention car certaines bandes ne sont pas spécifiques ! Par exemple, la P41 détecte des anticorps dirigés contre la protéine du flagelle. Or, un bon nombre de bactéries possèdent un flagelle. La p58 est également peu spécifique.
D’autres bandes sont plus spécifiques : p39, OspA et OspC, P18, P100, VLse.

Cependant, il est seulement effectué lorsqu’un ELISA ressort positif car il est considéré comme un test de confirmation (comme pour le SIDA), ce qui est aberrant puisque la plupart des ELISA sont faussement négatifs.

DE plus, malgré le caractère QUALITATIF du test, il existe aussi des seuils de positivités. Pourtant, même un très faible taux de réactivité (considéré en dessous du seuil), indique qu’il y a bien eu la présence de ces protéines et donc l’exposition à la bactérie.

Autre problème non moindre : Si le WB recherche plus d’espèces de borrelies, il en est limité à 6 (B . Burgdorferi, garinii, afzeli, spielmanii, bavariensis, valaisian).
Or, rappelons que les chercheurs français en dénombrent au minimum 30.

Conclusion : aussi bien ELISA que WB, leur négativité n’exclut aucunement une maladie de Lyme.

Diagnostic clinique : « Ne pas jeter la pierre aux médecins »

Malgré une audience qui a fait ressentir sa révolte envers les médecins niant la maladie, le D . a insisté sur le fait qu’il ne faut pas en vouloir à ces confrères. Ceci en raison d’une part d’un enseignement erroné sur la maladie (dont le docteur lui-même en a fait les frais durant ces études), et d’autres part, par la complexité du tableau clinique, dont les symptômes semblent tous aussi incohérents les uns que les autres.
De plus, l’absence ou la non détection de l’Erythème migrant, complique fortement le diagnostic.

Le tableau clinique est très vaste et dépend aussi de la présence ou nom de co infections. Il a été rapporté que différentes espèces de borrelies, donnent différent types de manifestations cliniques.
Ainsi, B. Burgdorferi serait plus susceptible de provoquer la forme arthritique et rhumatismale ;
B.afzelii, les formes dermatologiques avec l’acrodermatite chronique atrophiante ;
B.garinii d’avantge responsable des neuroborrélioses.

Nous retrouvons cependant des symptômes communs à toutes les formes de borrelioses : la fatigue +++ dans un premier temps physique puis accompagnée de la baisse du moral, des douleurs (articulaires, musculaires), des troubles visuels (flou, phosphènes, ombres, parfois pseudo hallucinations, irritations oculaires…), des troubles cognitifs (baisse ou difficulté de concentration, troubles de la mémoire…).

La prise en charge : cibler les bons tests

Beaucoup des patients viennent avec des dossiers remplis d’analyses et d’examens en tout genre.
Lorsqu4un médecin suspecte une maladie de Lyme, sa démarche de recherche doit comporter :
→Les sérologies + Western blot
→La recherche des co infections
→Le dosage des NK CD56 et CD57
→Etat des lieux :
-des systèmes de défenses immunitaires (immunoglobulines)
-des systèmes endocriniens, car lorsqu’il y’ a un déséquilibre endocrinien quel qu’il soit, le corps se défend moins bien et la personne est plus sujette aux infections. Les hormones y jouent un rôle primordial. Par exemple, la montée en œstrogène due à la grossesse améliore les manifestations inflammatoires des femmes atteintes de sclérose en plaque.
-Le système métabolique.

Le médecin doit aussi cibler ses tests selon le contexte de vie et les antécédents cliniques de la personne.
Par exemple, il faut rechercher les parasitoses lorsque le patient est en contact avec des chevaux et autres animaux domestiques. Rechercher les bactéries pulmonaires (mycoplasme et chlamydia pneumoniae) si il y’a eu des épisodes pseudos bronchiques, toux, infections ORL ; des germes uro génitaux (chlamydia trachomatis) si cystites, vaginites, douleurs vésicales et/ou pelviennes…

Dans une borreliose chronique, on retrouve presque systématiquement des mycoplamses, chlamydiaes, candidoses, herpes…liés à l’abaissement du système immunitaire.

La candidose peut également entraîner un tableau de fibromyalgie avec des douleurs articulaires, un SFC, des troubles de l’humeur.

Il est fondamental de rechercher également les autres maladies vectorielles à tique. La clinique est une bonne orientation diagnostique.

Par exemple la Brucellose provoque une dépression psychique profonde, pouvant amener à des envies suicidaires, tout comme la syphilis au stade tertiaire.

La babésiose, aussi appelée piroplasmose entraine des frissons +++ mais peut aussi provoquer des sueurs (avec alternance de frissons), une sensation de manque d’air et autres symptômes semblables au paludisme. Babésia est une sorte de paludisme.

Les traitements

Le consensus de 2006 indiquait des traitements minimes, simplistes , souvent inefficaces.

Aux USA, il y’a eu une réelle avancée quant aux traitements de la lyme. Les recommandations de l’ILADS (présidé par le docteur HOROWITZ) ont l’autorité d’application dans certains états. Ainsi, contrairement au CDC, l’ILADS recommande les traitements antibiotiques jusqu’à disparition clinique des symptômes. Certaines personnes se retrouvent avec des années d’antibiothérapie.

Certains médecins vont traiter la maladie de Lyme par des longues durées de monothérapie antibiotique, ce que le docteur appelle des « tapis » d’antibiotique.
Or Eva Sapi a démontré in vitro qu’une periode prolongée de DOXYCYCLINE seule favorisait la forme chronique de la maladie.
Elle a découvert, que pour être efficace, il faut utiliser des séquences d’antibiothérapie combinées. Ce procédé tant à cibler les différentes formes bactériennes, afin de les re transformer en forme de spirochète car les ATB sont surtout efficaces sur les formes circulantes bactériennes.

Les médecins ne doivent pas hésiter à faire des séquences de traitements avec souvent 3 semaines de pause, mais aussi des rotations d’ATB. C’est-à-dire d’essayer plusieurs classes et molécules d’antibiotiques.
Car chaque type d’atb va cibler une particularité de la bactérie.

Les traitements antibiotiques sont certes efficaces, mais présentent également une toxicité pour les reins et le foie.
Ils entrainent également des troubles intestinaux que l’on peut très bien prévenir à l’aide de probiotiques qui devraient être SYSTEMATIQUES lors d’un traitement ATB.
Nous retrouvons 5 classes d’ATB utilisés contre la maladie de Lyme et autres MVT :

-l’amoxicilline, qui est une béta lactamine. La pénicilline (une autre béta-lactamine) est inefficace dans la ML.
-Les cyclines (ou tétracyclines), il s’agit de la DOXYCYCLINE . Très efficaces sur les manifestations ostéo-articulaires et musculaires.
-Les céphalosporines (Ceftriaxone ROCEPHINE). Agissent très bien sur les bactéries systémiques touchant l’ensemble des systèmes.
-Les quinolones ou fluroquinolones (ofloxacine, , ciprofloxacine…). FAIRE TRES ATTENTION AUX TENDONS. Il est primordial d’arrêter une quinolone lorsqu’il y’a des douleurs aux tendons sous traitement car il y a un réel risque de rupture de ces derniers. Ces ATB sont très efficaces sur les bactéries uro génitales.
-Les macrolides (AZITHROMYCINE, CLARITHROMYCINE …). Efficaces pour les infections froides intra cellulaires.

Le D . a insisté sur le fait d’également combiner les thérapies entre elles. Lui-même utilise les huiles essentielles dans ses protocoles.
Les bactéries étant sensibles à l’oxygène (car anaérobies) et à la chaleur, privilégier ses conditions (sports, sauna, oxygénothérapie…).

Qu’est-ce que le « HERX » ?

On appelle « herx » la réaction de Jarish-Herxheimer, une réaction immuno-inflammatoire conséquente au relargage des toxines bactériennes tuées dans l’organisme.
Elle ne doit pas être confondue avec une réaction allergique dont les symptômes sont tout autre.
Souvent le « herx » débute au troisième jour de traitement.
En dehors des symptômes caractéristiques de la ML, il s’agit surtout d’une grande fatigue, de nausées et de douleurs.


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MessagePublié: 21 Fév 2016 17:41 
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Bonjour Juju,

Merci beaucoup, ton compte-rendu est instructif et très clair!
Bonne journée

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MessagePublié: 21 Fév 2016 17:45 
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Merci :)


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MessagePublié: 21 Fév 2016 18:11 
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kikou juju :lo


Merci pour ce compte-rendu et pour ton énorme travail de frappe. :bvo :bvo

:ensemble :ensemble :ensemble

_________________
mon topo


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MessagePublié: 21 Fév 2016 20:06 
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Par contre, là c'est pas au bon endroit!!!!


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MessagePublié: 21 Fév 2016 20:13 
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christine a écrit:
Par contre, là c'est pas au bon endroit!!!!


Oui en effet j'ai pas mal galèré. Enfaite je ne me souvenais plus du tout comment on faisait pour créer un nouveau sujet :lol:

Du coup je l'ai publié deux fois (oups!). Mais je ne suis pas parvenue à "trier" le sujet


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MessagePublié: 21 Fév 2016 23:26 
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Bonsoir à tous,

Voici la deuxième partie de la conférence menée par doc F, homéopathe, et lymé chronique à ce jour asymptomatique.

Il ne me reste plus que la troisième partie à rédiger, les questions/réponses.

DEUXIEME PARTIE : INTERVENTION DU DOC F

Le doc F a volontairement omit l’introduction sur la maladie (définition, stades…) étant donné qu’elle a été évoquée par l’intervenant précédent.

La fibromyalgie : le diagnostic « poubelle »

La maladie de Lyme est connue du monde médical depuis 1974 et la définition du germe responsable depuis 1984 seulement. C’est donc une maladie très récente que la médecine ne parvient pas encore à maîtriser.

Il y’a plus d’une vingtaine d’années, doc F a remarqué qu’un certain groupe de patients étaient « résistants » aux traitements homéopathiques, mais pas seulement. En effet les patients avaient, au préalable, eu recours à de la kinésithérapie, l’acupuncture, l’ostéopathie… dont les professionnels finissaient par dire qu’ils ne pouvaient plus rien pour eux.
Ces patients, résistants à tout type de traitements non conventionnels étaient systématiquement diagnostiqués de fibromyalgiques lorsqu’il ne s’agissait pas de dépression ou de psychosomatisation anxieuse.
Il s’agissait enfaite de la maladie de Lyme d’où la résistance systématique des patients « fibromyalgiques » à l’homéopathie et autres thérapies.

La notion de « barrage » en homéopathie

Doc F raconte sa propre expérience : « J’ai réalisé que quelque chose était anormal en 2008 lorsque je ne parvenais plus à monter les marches du métro parisien. J’ai alors essayé un tas de traitements homéopathiques, rien n’y faisait car il y’avait un « barrage » à l’homéopathie.
L’hiver qui suivait nous sommes partis en famille aux sports d’hivers. En arrivant, nous ne pouvions même pas monter les escaliers qui menaient au chalet. Là on s’est dit qu’il y avait un réel problème.
Ayant suspecté la Lyme ou du moins des infections bactériennes, j’ai eu recours à des antibiotiques, traitements qui ont aussi leurs limites. Cependant, ce traitement a permis de « lever » des barrages, car à la suite j’ai pu guérir mes symptômes grâce à l’homéopathie. »

Il faut donc pouvoir débloquer ces barrages.
Il faut comprendre que la bactérie n’est pas « intelligente ». Elle est simplement dotée de plus de 800 gènes qui lui permettent de muter, résister, se cacher, se regrouper…ces capacités expliquent les barrages.

Lyme n’est pas la seule maladie à faire barrage. D’autres infections bactériennes telles qu’Helicobacter pylori ont cette capacité.

Le diagnostic clinique

Selon les expériences de F, l’érythème migrant passe inaperçu dans 90 à 95% des cas.
L’érythème migrant n’a pas forcément les mêmes caractéristiques que sur les images. Il peut être une simple petite rougeur sans « contour », rose âtre, et parfois absent.
Ce dernier ne reste qu’une à deux semaines.
Les tiques peuvent être quasiment imperceptibles (nymphes et larves). Dans ce cas, il faut pouvoir palper sa peau avec ses doigts pour les détecter.

Parmis les signes clinique d’une Lyme chronique on retrouve quasi systématiquement :
-Fatigue chronique
-douleurs chroniques. Souvent fugaces, non soulagées aux antidouleurs.
-Des troubles de l’humeur : anxiété, crises d’angoisse, dépression, labilité émotionnelle…
-Des troubles du sommeil : insomnies ou hypersomnies, difficulté d’endormissements….
-Signes visuels. Ce qui est très évocateur d’une Lyme : perception de filaments torsadés à la lumière.

Une borréliose chronique peut engendrer des syndromes neurodégénératifs et/ou autres pathologies chroniques dégénératives pouvant faire évoquer :
-Sclérose en plaque
-Maladie de Parkinson
-Polyarthrite rhumatoïde
-Spondylarthrite ankylosante
-Sclérose latérale amyotrophique
-PPR et DS ( ???)
-Syndrome de Guillain Barré
-Autisme

Aux USA, une étude a démontré que 7 cerveaux sur 10 atteints d’Alzheimer présentaient des borrelies au PCR après biopsie post-mortem. Ceci ouvre des hypothèses infectieuses aux maladies neuro dégénératives.

Selon le professeur Philippe R, 20% des autismes seraient des Lyme.

Il y’a un critère particulier pour le diagnostic : c’est le patient battant, en bonne santé, qui tombe malade à partir d’un début bien défini, décrivant depuis une « descente aux enfers ».

Enfin, Il y’a beaucoup plus de malades que l’on ne croit. Par exemple, ces personnes âgées qui ont les mains bleues avec la peau très fine, susceptible de se dermabraser au moindre choc : ce sont des lymes chroniques. Idem pour ceux qui ont des rhumatismes depuis une vingtaine d’années.

Diagnostic biologique

Comme cité précédemment, il y’a un réel scandale sanitaire quant aux seuils de détection ayant été calibré pour respecter la « rareté » de la maladie.

Jusqu’à la troisième semaine de contamination, le test sera forcément négatif.

Les PCR (recherche de l’ADN bactérien dans un tissu) nécessitent des prélèvements envahis par borrelia (peau, synovie…). Or elles y sont souvent absentes dans les borrélioses chroniques.

Les chercheurs français ont certes découvert 30 souches de borrelies qui circulent en France. Mais selon le docteur américain Horowitz, il y en aurait 300 dans le monde entier dont au moins 100 en Europe.
Rappelons que le western Blot ne contrôle qu’au maximum 6 souches, ce qui contribue à l’explication de tant de faux négatifs.
Sur le WB, certaines bandes sont spécifiques (p39, p18…) et d’autres non spécifiques (p41).

D’où l’importance de se fier à la clinique. Doc F dit avoir des patients fortement positifs mais asymptomatiques, et d’autres dont la situation est inverse.

Les co infections

Les co infections à Lyme sont bactériennes, virales, fongiques, parasitaires.
Nous retrouvons fréquement :
-La babésiose ou piroplasmose ou Babésia, provoquée par un parasite semblable à celui de la malaria (paludisme)
-L’Ehrichliose ou anaplasmose
-Bartonella
-La tularémie
-Des infections à mycroplasmes
-Rickttesia ou fièvre pourprée des montagnes rocheuses
-Fièvre Q
-L’une des co-infections très fréquente à laquelle on ne pense presque jamais est la leptospirose appelée « maladie des égoutiers »

Dans 1 cas sur 3 il y’a une co infections virales :

-Eyach virus (virus de la méningoencéphalite à tique). Autre la phase aigüe pouvant être très grave, il peut entrainer un SFC.
-Human herpes virus v6
-Powassan virus
-Arbovirus

Viennent ensuite les co infections opportunistes au système immunitaire affaibli: mycoplasmes, chlamydiaes, candidoses…

Traitements et remèdes utilisés

Bien que F soit homéopathe, il préconise le traitement ATB, au moins pour “lever certains barrages”.

L’homéopathie

L’homéopathie peut, avec les autres traitements, être un outil très efficace pour lutter contre la maladie de Lyme
-On peut utiliser du mercure homéopathique.
Les spirochètes sont sensibles au mercure. C’est la raison pour laquelle nous traitions les syphilis avec du mercure avant l’apparition des antibiotiques. Il est cependant important de noter que le spirochète de la syphilis contient seulement 50 gènes contrairement aux 853 du spirochète borrelia : cette dernière va donc être beaucoup plus difficile à traiter.

-Ixodiphagus hookeri, c’est la guêpe mangeuse de tique. Toutes les guêpes sont prédateurs des tiques (contrairement à l’abeille).En homéopathie on va donc trouver :
-Vespa Crabro
-Vespa vulgaris
-vespa germanica

-L’homéopathie est très utiliser pour traiter les symptômes.

Prévention

Autres l’accoutrement qui est par moment insuffisant, le « tic-clip » permet de maintenir les tiques à distance. Il s’agit d’une petite médaille valable 2 ans, disponible sur internet.

Conclusion

-les MVT doivent être suspectées dès lors que des symptômes chroniques sont associés à une fatigue chronique.
-les MVT sont sous-estimées. Selon F, il y aurait 500 000 cas/an en France
-Il y a une réelle nécessité de soutenir les associations et lobbying, d’inciter les médecins à se former, à soutenir les professionnels de santé persécutés par l’administration.
-S’informer, visionner des reportages (exemple « quand les tiques attaquent »)
- « il existe un Sidaction alors qu’il y’a moins de 7000 nouveaux cas de SIDA par an en France, dont 40% proviennent du continent africain, alors que pour Lyme il s’agit de 500 000 nouveaux cas/an, alors à quand le tique-action ?! » (à ce moment, standing ovation de l’audience)


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MessagePublié: 22 Fév 2016 00:19 
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Pour finir, voici la troisième partie. Seules cinq questions ont pu etre posées car il ne restait qu'une petite quizaine de mintues avant l'évacuation de la salle.

TROISIÈME PARTIE : QUESTIONS/REPONSES

1)Pourquoi tant de retard en France ?

T : Ce retard est multifactoriel et conséquent de blocages à plusieurs niveaux.
-Tout d’abord il y’a un blocage économique avec la généralisation du tiers-payant. Ceci entraine un contrôle très rigoureux des dépenses de santé. Dès lors qu’un médecin dépasse les recommandations, il est pointé du doigt, et ce, par soucis économique.
-Le blocage psychologique part la crainte de l’augmentation de l’antibiorésistance à force de donner trop d’antibiotiques.
-Non des moindres, le blocage intellectuel. L’enseignement universitaire des médecins est un grand frein à l’évolution de point de vue et de prise en charge de la maladie. Ceux qui sortent de l’école à ce jour, restent toujours sur les consensus de 2006.

F : Notons aussi l’existence de choix politiques. Pour une hépatite B ou C, la France n’hésite pas à dépenser 50 000€ pour les cas sévères, alors que les antibiotiques ne coutent rien ou très peu !

T : Ces choix politiques sont aussi fixés sur la gravité et le caractère urgent de la maladie : l’hépatite tue. Lyme est grave et on peut très mal vivre avec, mais elle ne tue pas. (à ce moment quelques réflexions de l'audience: "et les suicides alors?").

2)Après la piqure, que peut-on faire afin d’éviter la maladie ?

T : Il existe un mélange d’huiles essentielles à mettre sur l’endroit de la piqure après ablation de la tique, puis en compresse pendant minimum 10 heures. Il s’agit d’un mélange essentiel de plantes ayant des propriétés hautement anti infectieuses et anti inflammatoires : HE de thym, sarriette, lavande, romarin, tea tree.

3)Que peut-on faire pour empêcher d’être piquer ?

F : autres les vêtements et répulsifs chimiques, le tic clip a fait ses preuves.

4)Quels sont les autres insectes susceptibles de transmettre la Lyme ?

F : tous les insectes hématophages, c’est-à-dire tous ceux qui pompent le sang. On retrouve les puces, poux, araignées, aoutas, taons…

5)Quelles mesures afin d’éviter la prolifération ou la présence de ces insectes hématophages ?

F : Il ne faut surtout pas tuer les hyménoptères : guêpes, abeilles, bourdons, frelons, fourmis…car ce sont des prédateurs des tiques.
Les pesticides tuent les guêpes, il faut donc les éviter, même dans le potager.
Il faut mettre des fleurs, des pieds de lavandes, car cela attire les guêpes.
Ayez des chats pour éviter la présence de rongeurs qui sont de vrais réservoirs à maladies.
Il ne faut pas avoir de thuyas, en tout cas le moins possible car sont des abris à araignées rouges qui sont fortement porteuses de la maladie.

CONCLUSION

Conclusion donnée par le doc T :

-La maladie de Lyme chronique existe, il faut se battre pour la faire reconnaître des autorités.
-Les médecins doivent se baser sur la clinique +++ (SFC, douleurs…)
-Ne pas hésiter à tester plusieurs molécules d’antibiotiques. Il faut des associations par cure, pas de monothérapie « tapis » d’antibiotiques qui chronicisent l’infection.
-Il existe une multitude de traitements alternatifs que l’on conseille d’associer au traitement allopathique :
De la phytothérapie (HE, teintures…), l’alimentation en évitant les aliments précurseurs d’inflammations (le sucre, le gluten, les chimiques) ;
Mais aussi des traitements physiques par la chaleur (sauna infrarouges, sport, bains chauds), les ondes électromagnétiques, l’utilisation de fréquences, soumettre les bactéries à l’oxygène par le sport, des exercices de respiration profonde.
Ne pas oublier que les bactéries sont particulièrement sensibles à deux choses : la chaleur et l’oxygène !


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MessagePublié: 22 Fév 2016 06:47 
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Bravo Juju!!!


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MessagePublié: 22 Fév 2016 08:52 
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Un grand merci Juju. Je ne savais même pas que mon médecin était lui même un ancien Lymé :) J'aurais vraiment aimé être là même s'il m'a dit que je savais déjà tout. :)

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Pepite007

2010 : Premiers symptômes inexpliqués.
2014 : Dégradation subite état physique & cérébral (atteinte neurologique), nombreuses hospitalisations & examens infructueux.
2015 : Début traitements homéo & phyto pour Lyme+Herpès+Virus Eyach+Ehrlichiose+Rickettsiose+Babésiose
2016-2017-2018 : Intolérances alimentaires. Symptôme persistant : sensation d'ébriété permanente.


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MessagePublié: 22 Fév 2016 09:14 
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Enregistré le: 22 Juin 2015 14:45
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:bvo :bvo :bvo


Quel travail !!!!

:ensemble :ensemble :ensemble

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MessagePublié: 22 Fév 2016 09:37 
Citer:
Certains médecins vont traiter la maladie de Lyme par des longues durées de monothérapie antibiotique, ce que le docteur appelle des « tapis » d’antibiotique.
Or Eva Sapi a démontré in vitro qu’une periode prolongée de DOXYCYCLINE seule favorisait la forme chronique de la maladie.
Elle a découvert, que pour être efficace, il faut utiliser des séquences d’antibiothérapie combinées. Ce procédé tant à cibler les différentes formes bactériennes, afin de les re transformer en forme de spirochète car les ATB sont surtout efficaces sur les formes circulantes bactériennes.


Source : la conférence du 20 février 2016

Cette information devrait être dite et répétée à tous les nouveaux membres pour éviter l'apparition de formes chroniques :evil:

.............................................

Merci encore Juju


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MessagePublié: 22 Fév 2016 12:23 
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Enregistré le: 15 Sep 2015 11:57
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@Caroxx: j'avais, il y a 2 mois, envoyé le document des recherches d'Eva Sapi (qui ne sont pas si récente puisqu'elles datent de 2013!), à la doc qui me suivait. Mais elle ne l'avait pas pris en considération (je ne sais même pas si elle l'avait lu).
Le fait que doc T confirme ces études devant toute une audience est une avancée! J'espères qu'il y avait des médecins dans la salle.
Mais même sans avoir fais ni recherche, ni étude, rien que par notre propre ressenti: il y'a 6 ans j'avais bien senti que les 3 semaines de Doxy qui m'avaient été données à l'hôpital m'avaient mise à terre. En ressortant j'étais encore plus mal, grosse chute de cheveux, grosse fatigue...et j'avais mis plus d'un an et demie à m'en remettre. Je trouvais cela étrange que les conséquences d'une "simple infection bactérienne" (dixit les internistes) perdurent aussi longtemps. Enfaite, ça a enkysté les bactéries, d'où ma rechute en juillet 2015 puissance 10!

@pepitte 007: avec ma mère on se doutait qu'il était personnellement ou émotionnellement touché par la maladie (lui, ou membre de sa famille), maintenant tout s'explique!
Ce qui est encourageant c'est qu'il a pu retravailler et semble vraiment aller bien maintenant!
Moi aussi je pensais tout savoir et pourtant j'ai encore appris des choses samedi dernier. Par exemple, je ne savais pas du tout pour les guêpes!

Après je tiens à préciser que cela reste un compte rendu à partir de mes propres notes. Vous vous douterez que je n'ai pas pu tout noter.
Donc si quelqu'un qui était présent aurait des choses à rajouter, c'est avec plaisir :-D

Bonne journée à tous :ensemble


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MessagePublié: 22 Fév 2016 13:45 
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Enregistré le: 04 Fév 2016 21:13
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Wah c'est top ça!!! :yeah
Merci d'avoir tout retranscrit, très intéressant :cool

Juju IDE 77 a écrit:
-L’une des co-infections très fréquente à laquelle on ne pense presque jamais est la leptospirose appelée « maladie des égoutiers »

ça m'intéresse ça, je pensais que la lepto était plus ou moins fatale en quelques mois après l'avoir contracté, je me trompe? Il existe une autre forme?


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MessagePublié: 22 Fév 2016 16:09 
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Enregistré le: 02 Mai 2015 16:14
Messages: 759
Juju IDE 77 a écrit:
j'avais, il y a 2 mois, envoyé le document des recherches d'Eva Sapi (qui ne sont pas si récente puisqu'elles datent de 2013!), à la doc qui me suivait. Mais elle ne l'avait pas pris en considération (je ne sais même pas si elle l'avait lu).
Le fait que doc T confirme ces études devant toute une audience est une avancée!


Merci Juju pour le compte-rendu.

Les travaux d'Eva Sapi avaient déjà été relatés par le dr Hopf-Seidel au congrès de Strasbourg en 2013, auquel j'avais assisté.
Le doc T était présent à ce congrès, ainsi que Horowitz ...
http://www.dr-hopf-seidel.de/mediapool/ ... bourg_.pdf


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